L’Essonne menace de ne plus payer les aides sociales

L’Essonne menace de ne plus payer les aides sociales

Conseil départemental

Article publié sur lemonde.fr

 

Est-ce le signe d’une détresse financière ou le résultat d’un coup politique ? Le département de l’Essonne assure être dans l’impossibilité de procéder au paiement de l’aide sociale légale pour une partie de l’année 2015. Dans un courrier, adressé fin décembre aux associations de protection de l’enfance et aux établissements médico-sociaux pour les personnes âgées ou les adultes handicapés, François Durovray (LR), le président du conseil départemental, annonce que sa collectivité ne sera pas en mesure de régler ses factures et propose d’étaler les versements sur les six prochaines années, avec les intérêts. D’après les informations du Monde, ces coupes concerneraient également le secteur des services à domicile, l’allocation personnalisée d’autonomie et la prestation de compensation du handicap.

Un règlement de compte

Directement mis en cause par son successeur, Jérôme Guedj, l’ancien patron PS du conseil général, assure de son côté que cette « dette cachée » envers les établissements à caractère social n’existe pas, et qu’il ne s’agit que de classiques décalages de trésorerie de fin d’année. Pourtant, plusieurs associations ont des factures impayées importantes, même si les chiffres brandis par le conseil départemental semblent parfois surévalués. Attaqué sur sa gestion du département, dont la dette a quintuplé entre 1998 et 2015, M. Guedj assure que les finances sont saines. « C’est de l’enfumage généralisé, quand on veut noyer son chien, on dit qu’il a la rage », rétorque-t-il. Selon lui, François Durovray fait « un choix politique » en reportant le paiement de l’aide sociale légale : « En juin, il a fait voter 22 millions d’euros supplémentaires pour l’aide aux communes, il faut financer cette décision. »

Tous les connaisseurs du dossier s’accordent à y voir, sur les terres de Manuel Valls, un jeu politique entre la nouvelle majorité de droite et l’ancienne de gauche. M. Quercy, le patron de l’Uriopss, qui a saisi le préfet dans un courrier, mardi 12 janvier, fulmine : « Tout ça n’est qu’une histoire de règlement de comptes et c’est l’aide sociale qui est prise en otage. »

 

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